lundi 8 août 2016

croissant de lune, nuages gris effilochés, cimes des arbres verts-noirs, moutons grignotant les herbes tardives encore en surface, deux ensemble gueules en approche, bâches phosphorescentes à l'arrière sur des détritus, des bois abandonnés, clôtures bordant un chemin creux, arbustes sous les peupliers géants, la colline abrupte, les pâturages, le vide où se perdre la nuit qui tombe, les cigales baissant d'un ton, le chien avec les loups, les feuillages immobiles qui attendent la nuit noire et moi dans ce large bord, dans cette restriction de moi-même, l'oubli du jour, le ciel qui se mêle au froid, les moutons qui s'enlisent dans le sol deviennent des tâches blanches. le vert s'efface reste le blanc, le reflet du blanc, l'odeur de l'humide, les dernières voitures avant d'être retournées dans le fossé au petit matin. le matin du forez.

lundi 18 juillet 2016

























Il est venu les saluer au petit-déjeuner, un peu gauche et altier. Il a parlé de ses projets autour de la filature qu'elles ont approché hier, protégée par les arbustes. Une cathédrale industrielle jaune éparse, trouée de toute part, fière. Aucun accès, le mystère.
Elle voulait l'aider, sûre de l'intérêt de la démarche, les gens, le travail, l'incendie, la reconstruction, le passé sous l'herbe dans les décombres.
Et puis, elles sont parties et ne sont pas retournées sur le site. Il est dans un coin de sa tête, intacte pour longtemps. Au bord de la route sombre, lumineuse, en attente.

mercredi 13 juillet 2016



























mon petit lou, le regard ailleurs dans ce car, déjà dans l'avenir, le non-poisseux. moi qui y reste dans le poisseux, heureuse qu'il s'en éloigne. le préserver au plus.
pressée qu'il rentre, envie de fuir ce glauque avec lui, juste le temps de laver ses vêtements, de ne pas l'exposer sur les deux jours. tout ce qui est à nous sera vide ou presque. puis le futur, enfin.
juste ma fille grande que je laisse en arrière, moi triste et elle vaillante.

lundi 11 juillet 2016
















Le ciel est constamment couvert de bleu-gris annonçant des orages qui n'arrivent pas. Un territoire coupé en deux, froid au nord, chaud au sud. Les fleurs n'éclosent pas, les feuilles jaunissent. Arroser le moins possible, qu'elles s'habituent. Les matins frais sans petit-déjeuner dehors avec des tartines sèches qu'elle peut seules accepter avec appétit. Le bus ensuite dévié de la grand avenue complètement vide en préparatif des cérémonies. Une clairière bordée d'arbres, immense qu'elle pourrait photographier mais ça aussi, elle fait le grève des images. Pas la tête à ça. Plus tard.















Ça se précipite, on n'est plus dans les questions existentielles, on prend le train en marche et on absorbe ce qui vient.
On accepte les grandes lignes et le parfait inconnu qui nous changera les aiguillages avec l'adaptation requise ou non.
On compte sur soi et on ne se repose pas sur les autres. On choisit la voie A.

dimanche 10 juillet 2016
















Le jardin sur le chemin. Le banc face au plan d'eau encadré de palmiers depuis le printemps. La chaise face à la pelouse, le bâtiment au fond surmonté d'une horloge qu'elle scrute toutes les cinq minutes. Elle reste là ou encore près de la fontaine où une femme âgée retranscrit un texte sur une tablette face à son chevalet.
Toujours face à quelque chose d'immobile, d'apaisant, de rentré.
Elle se lève vingt minutes avant le rendez-vous et remonte le jardin puis le mail jusqu'au boulevard. Toujours le marché la mardi, tranquille, quasiment sans client vers onze heures.
L'antiquaire après la station-service qu'elle se refuse à regarder de trop près puisqu'elle va bientôt partir pour plus petit. Toujours des meubles habités, rugueux presque sales, uniques.
Elle s'assoit souvent cinq minutes face à l'adresse et sort son livre. Elle arrive toujours en avance.

samedi 9 juillet 2016


























Il ne sert à rien. Remords d'avoir croisé son chemin. Elle trace vers le RER et croise un souriant auquel elle ne répond pas, tout de suite. Elle aspire le bitume pour lui répondre, à celui-là, celui qui est bienveillant, qui la regarde, elle.
Elle dévale l'escalier, attends sur le quai plus loin dans la correspondance. Un suicide dans une gare de banlieue. On attends que ça passe, le malheur. On observe les autres ceux qui montent dans la rame au dernier moment sans connaître la destination.
Elle termine paisiblement son livre. Il parle de la mort de sa compagne qu'il n'a pas eu le temps d'assister dans son dernier souffle. Elle est avec lui, dans ces lignes.

vendredi 8 juillet 2016


























Elle ment. Elle pleure. Elle suit. Elle aime l'amour. Elle se plait à guetter. Elle se raconte des histoires. Elle ne lit que les romans qui lui ressemblent. Elle se croit normale. Elle a mal. Elle peut devenir une amie discrète. Il ne devinera jamais. Elle choisit toujours. Elle ne prend pas le risque de souffrir. C'est elle qui décide. Elle est à la traine. Elle s'imagine qu'il l'enlace. Elle attend. Pour rien. Ça pourrait durer longtemps ce manège. Elle passe à côté d'elle. Elle s'aigrit. Elle vieillit enfant. Elle s'entoure de rose et de noir. Ça sent l'humidité. Elle se parle. Elle s'efface dans l'appartement.

jeudi 7 juillet 2016


























"-Perspicace, inconvenant, un peu démodé, gentil et terriblement..."
Tout ce que j'ai pu saisir, je n'ai pu entendre autre chose. J'en étais même perplexe: d'habitude, j'espionne mieux!
Faut dire, quel chambard, jamais vu ça. Elle avait scotché des coquelicots au plafond, les pétales se balançant lorsque les visiteurs se déplaçaient... Ils devenaient modestes dans leurs ébats, ne prononçaient pas un mot plus haut que l'autre.
Un ennui grandissant me gagnait quand je pensais au bouquin au fond de ma poche. De temps en temps, je laissais glisser mes doigts et saisissait, l'air ailleurs, quelques feuilles essayant de trouver la bonne page. Et puis, j'ai brusqué le livre et déchiré ma doublure.
À part les coquelicots, des bijoux trainaient par terre et quelques nénuphars comme il se doit. Par solidarité, on m'a tendu mon livre dissimulant une corde. Enroulée autour de ma taille, j'ai été aspirée jusqu'à me retrouver au sein de la fleur.
C'était une expérience délicieuse et encore plus propice aux mystères qui m'environnaient. Alors, je me suis aperçue que ma mémoire ne retenait plus rien, que mon rôle était terminé. J'en ressentais une impression de solitude un peu exacerbée. Puis, après tout, ce n'était pas une fin en soi. Je devais m'adapter une nouvelle fois. Après, on verrait.

mercredi 6 juillet 2016

























Garde-boue.

Très utile sur un vélo. Il protège les vêtements des flaques et de la boue comme de bien entendu. Protection supérieure avec la pince fixée sur le bas du pantalon. Un accessoire indispensable.
Toutefois, n'existe plus sur certains modèles. Ceux-là même prédestinés à cet usage (VTT, VTC,...).
À croire que les sportifs affirmés aiment les conditions extrêmes. Quitte à prendre une douche... ou prolonger une cure... de boue!
Ne modifie pas sensiblement le prix si vous choisissez cette option pour les vélos cités plus haut. On peut aimer le sport et rester élégant. Choix de matière et coloris. Le nec plus ultra: les trois modèles adaptés à vos tenues, posés d'un simple clic.
Grande promotion annuelle aux beaux jours: défilé, nouveautés, démonstrations avec quelques célébrités du monde cycliste, courses plus ou moins délicates et trophées, et le clou de la journée: résistance à la chute après lancer d'un dirigeable...
Inscription dès maintenant.
Au plaisir de vous compter parmi nos prochains clients!
Recevons aux heures habituelles ou sur rendez-vous.

mardi 5 juillet 2016

























Ils ont marché à quatre. Le sentier s'est enfoncé dans la boue, les flaques. Les arbres et la terre noire. Le ciel absent. Plongés dans l'obscurité, ils ont arrêté les mots.
Ils ont eu le choix entre deux voies. Ils ont bifurqué immédiatement vers la plaine et ont longé un champ clôturé. Les vaches, les boeufs se sont tournés vers eux comme une masse puissante. Chacun s'est jaugé. Les enfants ont commencé à chahuter les bêtes. À mi-distance, elles ont chargé.
La femme a imposé le silence et donné l'ordre de partir tranquillement. Elle est restée face au champ pendant que les autres s'éloignaient. Elle a fixé le troupeau. Elle a attendu. Elle a commencé la marche tout en gardant les bêtes à vue.
Les premières vaches ont ralenti quelques mètres avant la clôture et amorcé un virage en direction des enfants. Elles ont suivi le groupe à distance le long du chemin, beuglant, soufflant.
La femme a parlé fort, des paroles incompréhensibles, les a tenu en respect. Elle était loin derrière, avec le troupeau puis les a rejoints.
Ils ont continué la route. Les bêtes étaient toujours regroupées, attendaient qu'ils disparaissent. Loin, elle s'est retournée et les a contemplé longtemps.

lundi 4 juillet 2016


















Une actrice comme une soeur, comme un double. Elle joue peu et marque ma mémoire. Simple, douce, mystérieuse et accessible, elle irradie.
Le visage est imparfait. Les yeux enfoncés dans des pommettes larges, une bouche qui s'entrouvre légèrement dans un sourire latent. De mince presque maigre, le corps s'est arrondi. Elle doit avoir quarante ans.
Aujourd'hui, dans le film, elle a passé un cap. Les âges affleurent en fulgurance sur ses traits. Fille, femme, vieille. Le corps entier pris de soubresauts de temps exact et fait affleurer présent, passé et futur.
C'est de l'anticipation, un accéléré et des arrêts disponibles.

dimanche 3 juillet 2016





















Elle conduit depuis quatre heures. Ils se sont arrêtés sur une aire de pique-nique, pile-poil près d'une table et ses bancs. Sa fille a regardé le banc quelques secondes comme à ses huit ans puis s'est plainte qu'il était mouillé. Elle a rejoint son frère qui a fait un demi-tour sitôt sorti de l'habitacle. Elle les a contemplé et s'est rappelé hier, lointain.
Elle a commencé à manger sa salade. Sa fille l'a finalement rejoint, s'asseyant à ses côtés. Le bois était sec.
Ils sont repartis.
Arrivés presque à destination, sa fille a allumé la radio pestant contre sa vétusté. Un air disco s'est mis à hurler dans la voiture, un air qu'elle connaissait bien dans les discothèques, qu'elle avait toujours détesté. Le rythme, le volume ont provoqué des larmes. elle savait qu'elle avait le temps.  Elle a  stoppé le flux, attendu cinq longues minutes avant d'
essuyer chaque oeil de la main. Elle sentait quand même un peu d'eau sur la joue qui s'enfonce dans les pores.
Sa fille l'a regardé trois minutes après. Elle n'a rien vu.

mardi 28 juin 2016




















Il est réveillé et en retard. Le café n'est pas fait. Les autres ont déjà commencé leurs rondes. Il boit un fond de cognac pour apaiser son mal de crâne.
L'aube se lève à peine. Le ciel est lessivé, pur. Il a plu sans discontinue depuis dix jours. Il va faire beau. Il doit faire vite. Il grimpe, court sur le sentier.
Maintenant, il est couché sur le sol, à l'abri du vent. Les cuisse sont les premières gagnées par la chaleur sous le pantalon noir. Le pieds abrités par les chaussettes blanches restent frais. Les mains ramenées près du corps, le duvet caressé superficiellement par les rayons. Le torse et la tête sont à l'ombre et captent l'air humide de la terre, la pierre froide de la nuit.
Il n'ose pas ouvrir les yeux, il entend le vent dans les épines du pin parasol, le fond sourd de l'océan calme à quelques mètres. Il n'y a que l'ombre portée du vol fugace des mouettes et leurs cris.
Le corps s'est enfoncé dans le sol sur quelques centimètres. Il résiste au sommeil. Il pense la chaleur. Le soleil brûle ses cuisses. Il pense aux couleurs noires et blanches des vêtements touaregs.
Il ne sait pas.

(je pars et reviens dimanche).

lundi 27 juin 2016


















Ils sont deux.
L'homme, je le connais depuis l'enfance quand j'accompagne ma mère au marché du mercredi. Il m'impressionne. Il déambule au milieu des étals, salue vite comme s'il avait peur qu'on le snobe. C'est un accord tacite entre nous, on le protège de tout, de la circulation, du vide, de l'ennui.
Je le croise aussi dans le centre. Il est au ralenti, sans but. Il s'assoit souvent près du terrain de pétanque. Il reste à distance des joueurs. Il est juste toléré. Il ne jouera pas, trop imprévisible, brouillon.
La femme est une clocharde. Elle pousse un caddie plein de détritus. Dessous, il doit y avoir une couverture, les cartons pour dormir. Elle a toujours un regard mauvais, les insultes dans la bouche et le visage. Des tissus superposés sur le corps, les cheveux comme une pelote. Elle est belle. Un croquis rapide.
J'ai été elle. Le cerveau qui déraille, le corps qui devient une odeur, la crasse qui fait rempart.
J'ai eu une mère pour me réapprendre à me lever, manger seule, me laver, revenir parmi les autres.
Elle, non.

dimanche 26 juin 2016



















Elle se repose dans sa droiture. Elle ne se mêle de rien, elle applique. elle ne voit pas le problème. Elle est employée. il y a le règlement et les infractions. Elle surveille, punit et récompense.
Et puis, ça déraille doucement quand elle se retrouve confrontée à cette jeune femme qui s'entête, part et revient toujours plus amochée. Les collègues commencent à l'observer elle, bizarrement. La détenue aussi ne comprend pas l'attention qu'elle lui témoigne.
Là, elle ne tient plus sur ses jambes comme la jeune-femme qu'on amène encore. On l'a étendue sur le lit.
Elle ne sait pas quoi faire. Elle doit y aller. Elle y va. Elle entre.
Il fait sombre mais elle distingue très bien: la gueule cassée, le sang, les bleus, les gémissements. Ils se sont acharnés. Une collègue entre à son tour pour les premiers soins.
Elle ne marche plus, ils l'ont portée. Elle gémit. Elle veut se doucher toute seule. Elles la dissuadent. Elle ne veut rien savoir.
Elle a honte, se justifie: j'ai deux gosses, je dois travailler. L'autre: on a toujours le choix. Elles la soutiennent jusqu'à la douche.
Une autre détenue crie peu après. Elle s'est pendue.
Elle se précipite. Elle attrape le corps ruisselant dans ses bras. Elle le console.
Elle part à la fin de la journée. Le matin, elle ne vient pas.

samedi 25 juin 2016



















C'est une histoire qui apparait d'une limpidité. On se la répète par chapitres la nuit en se disant qu'elle réapparaîtra clairement le lendemain matin.
Et, rien, on cherche dans son cerveau, une trace. Il y avait une fille et un garçon, des événements courts et intenses. Un début une fin sur dix minutes. Quinze lignes au plus.
On se rappelle juste les yeux de la fille, ses cheveux couts comme soi jeune à 20 ans. C'est tout. Un bois qu'elle traverse sans peur. Ils ne sont jamais ensemble mais sont en lien permanent. Il fait jour et puis presque nuit. Des épisodes courts avec du mouvement tout le temps. Pas de dialogues. Juste eux en entier. Ça me reviendra ou non.
Pas d'histoire ce matin.

jeudi 23 juin 2016


















Elle parle fort derrière lui. Ça la fait sourire. Il est obligé de s'éloigner pour téléphoner. Elle exulte. Elle s'imagine la scène et puis elle regarde la fenêtre, la cour, le ciel orageux. Elle échappe au glauque, au mensonge, à la dissimulation, au traquenard par naïveté. Elle croit, fait confiance.
Elle gagne sur elle et perd sur eux. Elle raccroche, épouvantée. Elle voit cette mare fétide et poisseuse qu'elle vient juste d'éviter là, presqu'au bord de son orteil.
Elle retourne dans la salle, cherche le cliché qui la fait venir, interroge la galeriste qui est pourtant sûre de l'avoir tenu en main, qui retourne avec elle, scrute les murs. Il est petit, non. J'aimais bien cet homme sur la glace comme il aurait pris le métro, solitaire, loin de tout, la glace sale.

mercredi 22 juin 2016




















Le retour se faisait par le sentier du bas, rocailleux. Son genou lui faisait mal à chaque glissade. Les cailloux roulaient sur les pentes. Il s'était déjà affalé à plusieurs reprises. La chaleur n'avait pas baissée, elle le prenait à la gorge. Il aspirait les dernières gouttes de sa bouteille comme des litres. Il scrutait chaque extrémité des virages, mais le bout n'était pas derrière. Il avisa un rocher, cherchait au pied un scorpion. Il allongea ses jambes les étirant au maximum, la tête lourde à la base du cou. Une colonie de fourmis traversaient patiemment, une vipère un peu plus loin dans l'autre sens. Il se demanda si les vipères mangeaient les fourmis ou vice-versa. Il attendait que la température retombe sans illusion. Trop tôt. Il essuya machinalement la sueur sous l'aisselle droite et porta ses doigts sous son nez. Odeur correcte. Il refit son lacet rafistolé pas trop tendu. Il s'aida de la main, il était mort, épuisé. Il pourrait jamais arriver ce soir. Il faudrait bivouaquer. Ses mèches lui collaient au front. Il bailla et reprit sa marche.

lundi 20 juin 2016




















Elle l'a frôlée mais évitée. Elle a poursuivi son chemin, le regard dans le dos sur cinq cent mètres.
J'étais derrière.
Elle s'est arrêtée, a fait demi-tour, a accéléré le pas au fur et à mesure qu'elle se rapprochait. À la fin, elle courait, l'a dépassée et entrepris la montée de la rue pleine de monde sans heurts.
Je courais aussi un peu mais moins vite. Elle a stoppé d'un coup et s'est affaissée contre le mur de droite, la tête légèrement penchée, reprendre son souffle.
Personne ne semblait la remarquer.
Elle est repartie en sens inverse en déliant chaque partie du corps lentement, parfaitement.
Elle s'est postée face à la fille et a enchainé les roues en spirale.
Après, elle l'a prise par les épaules les bras tendus en passerelle.
C'est tout.

dimanche 19 juin 2016




















Il est avec une égocentrique et une égoïste mais il leur laisse tout. Il les aime même si elles ne rendent rien en échange. Il donne, c'est son rôle de père.

samedi 18 juin 2016


















Elle est apparue à cinquante mètres, me faisait face, me fixait. Je lui ai souri pas plus étonnée, c'était son quartier, sur la place près de la bouche de métro. Un bonjour effacé par un pas rapide après l'avoir dévisagé, le maquillage, le manteau en été, le regard tombant à cause de la paupière droite. Toujours aussi snob.
J'ai rapporté la rencontre à ma tante bien une semaine plus tard. Elle a arrêté son geste. Je ne t'avais pas dit. Elle est morte il y a bien un mois maintenant. Mais c'était elle, vraiment. Pas un sosie ou un fantôme alors. Oui, un fantôme...

vendredi 17 juin 2016

















Je suis allée marcher dans le bois. Une fois par semaine au moins. Le tour habituel dans un sens puis dans l'autre.
Je me suis assise, je change de bancs mais toujours face au lac. Quelques instants. L'eau noire.
Je retourne vers la ville. Au feu, j'avise un cavalier. Il me regarde, indécis, je traverse.
Je le rejoins sur l'autre rive. Il fait des ronds, le cheval. Je m'écarte du sentier inondé à quelques mètres, ignore le cavalier. Je rejoins le chemin plus loin à sec.
Je rentre chez moi, attends.

jeudi 16 juin 2016

premier nouveau jour

















Je les ai regardé, assis sur un banc de pierre. Trois garçons, du temps du lycée. Ils écoutaient de la musique sur un vieux poste pourri. Hilares, avec juste deux petites bières à se partager. En face des flots tumultueux de la Loire presque sous le pont Wilson.
Ils riaient de quelques blagues qui s'enchainaient. Je ne les ai pas entendues. Je passais juste. Ça m'est revenu d'anciens copains. La rigolade, le "on s'en fout", "on est bien". J'ai poursuivi mon chemin plus loin toujours au bord de l'eau en furie. J'ai tout emmagasiné.