dimanche 26 juin 2016
Elle se repose dans sa droiture. Elle ne se mêle de rien, elle applique. elle ne voit pas le problème. Elle est employée. il y a le règlement et les infractions. Elle surveille, punit et récompense.
Et puis, ça déraille doucement quand elle se retrouve confrontée à cette jeune femme qui s'entête, part et revient toujours plus amochée. Les collègues commencent à l'observer elle, bizarrement. La détenue aussi ne comprend pas l'attention qu'elle lui témoigne.
Là, elle ne tient plus sur ses jambes comme la jeune-femme qu'on amène encore. On l'a étendue sur le lit.
Elle ne sait pas quoi faire. Elle doit y aller. Elle y va. Elle entre.
Il fait sombre mais elle distingue très bien: la gueule cassée, le sang, les bleus, les gémissements. Ils se sont acharnés. Une collègue entre à son tour pour les premiers soins.
Elle ne marche plus, ils l'ont portée. Elle gémit. Elle veut se doucher toute seule. Elles la dissuadent. Elle ne veut rien savoir.
Elle a honte, se justifie: j'ai deux gosses, je dois travailler. L'autre: on a toujours le choix. Elles la soutiennent jusqu'à la douche.
Une autre détenue crie peu après. Elle s'est pendue.
Elle se précipite. Elle attrape le corps ruisselant dans ses bras. Elle le console.
Elle part à la fin de la journée. Le matin, elle ne vient pas.
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