mardi 5 juillet 2016

























Ils ont marché à quatre. Le sentier s'est enfoncé dans la boue, les flaques. Les arbres et la terre noire. Le ciel absent. Plongés dans l'obscurité, ils ont arrêté les mots.
Ils ont eu le choix entre deux voies. Ils ont bifurqué immédiatement vers la plaine et ont longé un champ clôturé. Les vaches, les boeufs se sont tournés vers eux comme une masse puissante. Chacun s'est jaugé. Les enfants ont commencé à chahuter les bêtes. À mi-distance, elles ont chargé.
La femme a imposé le silence et donné l'ordre de partir tranquillement. Elle est restée face au champ pendant que les autres s'éloignaient. Elle a fixé le troupeau. Elle a attendu. Elle a commencé la marche tout en gardant les bêtes à vue.
Les premières vaches ont ralenti quelques mètres avant la clôture et amorcé un virage en direction des enfants. Elles ont suivi le groupe à distance le long du chemin, beuglant, soufflant.
La femme a parlé fort, des paroles incompréhensibles, les a tenu en respect. Elle était loin derrière, avec le troupeau puis les a rejoints.
Ils ont continué la route. Les bêtes étaient toujours regroupées, attendaient qu'ils disparaissent. Loin, elle s'est retournée et les a contemplé longtemps.

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