mardi 28 juin 2016
Il est réveillé et en retard. Le café n'est pas fait. Les autres ont déjà commencé leurs rondes. Il boit un fond de cognac pour apaiser son mal de crâne.
L'aube se lève à peine. Le ciel est lessivé, pur. Il a plu sans discontinue depuis dix jours. Il va faire beau. Il doit faire vite. Il grimpe, court sur le sentier.
Maintenant, il est couché sur le sol, à l'abri du vent. Les cuisse sont les premières gagnées par la chaleur sous le pantalon noir. Le pieds abrités par les chaussettes blanches restent frais. Les mains ramenées près du corps, le duvet caressé superficiellement par les rayons. Le torse et la tête sont à l'ombre et captent l'air humide de la terre, la pierre froide de la nuit.
Il n'ose pas ouvrir les yeux, il entend le vent dans les épines du pin parasol, le fond sourd de l'océan calme à quelques mètres. Il n'y a que l'ombre portée du vol fugace des mouettes et leurs cris.
Le corps s'est enfoncé dans le sol sur quelques centimètres. Il résiste au sommeil. Il pense la chaleur. Le soleil brûle ses cuisses. Il pense aux couleurs noires et blanches des vêtements touaregs.
Il ne sait pas.
(je pars et reviens dimanche).
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